Pourquoi je n’achète presque plus de vêtements neufs

 

Mardi dernier France 2 diffusait le reportage Cash Investigation, Coton : l’envers de nos t-shirts. Cela m’a rappelé la décision que j’ai prise il y a un an : minimiser mes achats de vêtements neufs. Je vous explique pourquoi et comment j’en suis arrivée là.

 

Dire non à la fast fashion 

 

Les grandes marques nous proposent des habits neufs à bas prix toute l’année. La déferlante du Black Friday en France est bien le symbole de la course aux rabais. Il est tellement facile de s’habiller pour pas cher, d’acheter tout et n’importe quoi, n’importe quand, que l’on en ai besoin ou non. Cela m’arrivait avant, cela m’arrivait même souvent.

 

En 2015 lorsque j’ai fait le premier tri dans mes affaires avant de partir voyager j’étais amère. Je me sentais honteuse devant ces piles d’habits à revendre ou à donner, certains que je n’avais jamais mis, achetés en promotion ou sur un coup de tête. Des « habits mouchoirs » acquis pour une soirée ou une saison.

C’est ça la fast fashion, mot dérivé de « fast food » : une production d’habits toujours plus grande qui pousse à acheter rapidement, sans réfléchir, parce que le produit n’est pas cher et que notre placard est grand. Je savais que ces habits dont les étiquettes mentionnaient « made in china » avaient probablement été créés par des enfants du tiers monde dans des conditions déplorables. Mais tout cela était si loin de moi. Et puis je ne cherchais pas de solutions, j’avais toujours consommé de la sorte.

Au début de mes voyages je fréquentais encore ces grands magasins. Je me cachais derrière l’excuse facile de dire « de toute façon les multinationales et les grands magasins nous mentent depuis toujours, le système est corrompu. Mon choix sur le moment n’y changera rien ». Faux, totalement faux. Je m’en suis rendue compte peu après. J’ai les moyens en tant que consommatrice de changer les choses en choisissant ce que j’achète et quelles marques je décide de soutenir.

Le milieu volontaire que j’ai rejoins l’année dernière est assez militant et ce sont mes amies de Berlin qui m’ont ouvert les yeux sur les problèmes qu’engendrent ces comportements de consommation. J’ai pris conscience de la réalité en regardant avec elles le documentaire The True Cost que je vous conseille d’aller voir.

 

Grâce à ce documentaire j’ai compris ces trois choses :

  • Les travailleurs qui produisent les habits de la plupart des grandes marques vivent dans des conditions dangereuses et déplorables. En achetant des habits issus du système de production des usines du tiers monde j’ai soutenu ces marques.
  • Ces habits que je n’ai même pas utilisé, que j’ai donné en pensant me racheter une conscience sont renvoyés vers les pays pauvres, véritables poubelles du monde. Ces pays sont payés par les nôtres pour entreposer des habits que nous ne voulons plus.
  • La manière que j’avais de consommer me coûtait peut être cher (surtout pour ces habits que je ne portais pas) mais ce n’est rien comparé à son prix en coût humain et environnemental.

 

Trouver des alternatives

 

Mon excuse durant des années a été que je ne trouvais pas d’alternatives, que les vêtements fait en France étaient trop chers ou introuvables. Les habits de seconde main étaient trop compliqués à se procurer. Je ne cherchais en fait pas vraiment à trouver de produits qui entrent dans une démarche de consommation responsable car j’allais dans les mêmes magasins qu’avant.

Pourtant avec internet il est possible de trouver des produits d’occasion ou fait en France. Les objets d’occasion prennent un peu plus de temps et de patience à acquérir, mais cela vous reviendra moins cher au final. La seconde option coûte peut être plus cher, certes, mais décider de consommer de manière responsable c’est aussi apprendre à acheter ce dont on a vraiment besoin.

Le minimalisme et surtout le fait de n’avoir qu’un sac à dos pour transporter mes affaires m’ont énormément aidé dans ce processus. Le projet 333 peut vous aider à trier vos placards pour ne garder qu’une trentaine de pièces par saison. Vous pouvez retrouver plus d’informations juste ici

 

Comment consommer donc, et ou acheter?

  • Je vous conseille fortement d’acheter des vêtements d’occasion, sur Leboncoin, Ebay ou en local chez Emmaus. Il même possible de trouver des friperies dans votre ville.
  • Acheter à de petits créateurs français est aussi une belle alternative.
  • Surtout je ne saurai que trop vous recommander d’acheter ce dont vous avez besoin. Et cela vaut pour les vêtements comme pour toutes les autres choses que nous consommons chaque jours.

Pour en savoir plus :

Si cette question vous intéresse je vous recommande ces deux documentaires :

Consultez aussi : 

 

Arrêter d’acheter aux grandes marques m’a tout de même posé un problème : stopper net d’acheter des produits faits à l’autre bout du Monde n’est-ce pas porter un coup à un système économique dont j’ai bien profité durant des années? N’est ce pas infliger une double peine au travailleurs du tiers monde que d’avoir profité de ces produits à leur dépend pour ensuite arrêter subitement de les acheter et prendre de le risque de faire disparaître leur travail? Il me semble que le fait de ne pas acheter ces habits envoie un signal au grandes marques, leur montre qu’il y a un problème. De plus c’est le seul moyen que j’ai trouvé d’agir et à terme je l’espère de faire changer les conditions de travail de ces personnes. C’est montrer que leur sort et celui de la planète m’importe, que le prix d’un objet n’est pas seulement indiqué sur son étiquette.

Le prix de fabrication et avant tout humain et environnemental.

 

 

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